La réforme du troisième cycle

 
réforme 3e cycle
 

Comment fonctionne l’internat actuellement ?

L’étudiant passe à la fin de l’externat un concours national : les ECN (Épreuves classantes nationales). Le classement que l’étudiant obtient aux ECN lui permet de choisir une spécialité précise dans une ville donnée (qui peut donc être autre que la ville dans laquelle l’étudiant a passé l’externat).

La spécialité dans laquelle l’étudiant s’oriente est définie par le choix du DES (Diplôme d’Etudes Spécialisé).

Par exemple : à la fin de l’internat, en fonction de ton classement, tu peux choisir de faire un DES de médecine générale, ou de chirurgie, ou de médecine du travail, etc….

Pendant son troisième cycle, l’interne a également plusieurs possibilités, même après avoir choisi son DES :

  • Premièrement, il peut choisir de faire un DESC I (Diplôme d’Etudes Spécialisé Complémentaire 1). Ceci lui attribue une sur-spécialité ne menant pas vers un exercice exclusif. Par exemple : L’interne en DES de médecine générale peut faire un DESC I de médecine d’urgence. Le fait que le DESC I ne mène pas vers un exercice exclusif veut dire qu’il pourra à la fin de son internat aussi bien exercer le métier de médecin généraliste que le métier d’urgentiste, ou bien exercer l’un des deux, puis exercer l’autre spécialité au bout d’un certain temps (ce qui est fréquent pour les urgentistes qui se reconvertissent souvent en médecin généraliste après un certain nombre d’années).
  • Deuxièmement, il peut également choisir un DESC II (Diplôme d’Etudes Spécialisé Complémentaire 2). Ceci lui attribue une sur-spécialité menant cette fois-ci vers un exercice exclusif. Par exemple : L’interne en DES de chirurgie générale fait un DESC II de chirurgie vasculaire. A la fin de ses études, il exercera seulement en tant que chirurgien vasculaire et non en tant chirurgien “général”.
  • Il existe aussi les capacités qui correspondent à des formations complémentaires accessibles par examen et ne menant pas vers un exercice exclusif, mais qui confèrent des compétences permettant tout de même la possibilité d’un exercice particulier. Par exemple : Il y a la capacité de médecine de catastrophe, de médecine pénitentiaire, de médecine aérospatiale, etc…

 

Quelles problèmes posent l’internat actuellement ?

1- Le caractère pédagogique est absent de la formation en stage. Il y a un manque de progressivité dans les différents stages que l’interne effectue. L’interne fait un stage par-ci par-là sans qu’il n’y ait vraiment de lien entre ces différents stages qui pourrait tracer une évolution pédagogique de l’interne. Les compétences de l’interne (et non les connaissances) sont aussi trop peu évalués.

2- Les DESC I/II et capacités rendent flou le devenir des futurs praticiens, ce qui est gênant d’un point de vue démographique. Il y a une absence de régulation des places en DESC et capacités d’où le souci de la démographie médicale. L’exemple le plus parlant est la médecine générale. Sur 2000 internes de médecine générale, on ne sait pas combien réellement vont exercer la médecine générale à fin des études. Il y en a qui vont faire un DESC d’urgence, d’autres qui vont faire des capacités et n’exercer que dans le domaine de la nutrition ou du sport par exemple. C’est-à-dire que le devenir est assez incertain, alors qu’on aimerait savoir précisément ce devenir pour adapter les places dans les différents DES dans le but de répondre au mieux à la demande de soin sur le territoire in fine.

3- Il n’y a pas d’évaluation des formations types DESC : l’interne fait son DESC mais ne sera jamais évalué sur les compétences qu’il devra acquérir par son DESC. De plus, les étudiants en DESC font des stages pratiques concernant ce DESC, ce qui peut impacter sur les compétences des internes dans le domaine de leurs DES originel.

4- L’interdisciplinarité est absente, ce qui donne lieu à des cours d’une discipline effectués par des professeurs qui ne sont pas de cette discipline. Par exemple : des cours de psychiatrie donnés à des internes de pédiatrie par un pédiatre et non un psychiatre.

5- L’augmentation du numerus clausus a entraîné une augmentation du nombre d’internes sans que les capacités de formation n’aient été adaptées, les services se retrouvent surchargés et ces capacités de formations saturées.

 

La réforme du troisième cycle en résumé :

Ces problèmes ont conduit à la construction depuis quelques années d’une réforme de l’internat qui aurait pour but de régler les problèmes que l’internat pose actuellement.

1 ) D’une part  la réforme prévoit l’organisation de l’internat autour de trois phases progressives (phase socle, phase intermédiaire et phase de mise en situation), avec des évaluations régulières dans le but de répondre au problème de la formation “discontinue” manquant de progressivité.

2 ) D’autre part, pour essayer de répondre au problème de démographie médicale, la réforme prévoit de supprimer les DESC et d’en faire soit des DES (le DESC I de médecine d’urgence deviendrait un DES de médecine d’urgence) soit des options ou des FST (Formation Spécialisé Transversale, des formations accessibles par le biais de plusieurs DES).

 

Cette réforme est prévue pour la rentrée 2017. Plusieurs points restent encore en discussion, discussions dans lesquelles les structures jeunes comme l’ANEMF (Association Nationale des Etudiants en Médecine de France) ont un poids non négligeable.

 

Si vous souhaitez approfondir d’avantage ce sujet, vous trouverez ici une fiche technique détaillée. Pour plus d’informations concernant les autres dossiers traités par l’ANEMF, cliquez ici !

Voici aussi la liste officielle des DES de la réforme parue au JORF (Journal Officiel de la République Française) du 4 décembre.